Accueil
Fiches pratiques
Les défaillances d’entreprises en hausse au 1er trimestre 2022
Actualité

Les défaillances d’entreprises en hausse au T1 2022

Rédigé par
Manolo Munoz Lagadeuc

Comme chaque année, le cabinet Altares vient de publier son rapport trimestriel sur les défaillances d’entreprises en France pour le premier trimestre 2022.

Dans un contexte de sortie de crise sanitaire, de guerre en Ukraine et de regain de l’activité économique française à un niveau d’avant Covid, cette étude vise à rendre compte de l’évolution du nombre de défaillances d’entreprises.

Quels types d’entreprises subissent le plus de défaillances ? Y a-t-il des différences observées selon les secteurs ? Quelles régions sont les plus concernées par ces changements ? Nous vous décryptons ces données dans notre article.

Au sommaire de cet article :

Une augmentation des défaillances d’entreprises

Entre le 1er janvier et le 31 mars 2022, Altares recense 9 972 entreprises en défaillance. Une hausse de 34,6% au regard des chiffres du 1er trimestre 2021. Ce niveau bien que largement inférieur à ceux des années 2018 et 2019 sont très proches de ceux de 2020.

Quelle est l'évolution du nombre de défaillances d'entreprises en France ?

Cette évolution qui touche l’ensemble du territoire est le signe d’un retour “à la normale”, c’est-à-dire d’un retour à une situation similaire à celle observée avant la crise sanitaire. Thierry Million, directeur des études Altares explique d’ailleurs : “Sans le fameux “quoi qu’il en coûte” gouvernemental, la crise sanitaire aurait pu provoquer biens plus de procédures”. On compte au moins 46 000 entreprises qui ont été épargnées de la défaillance grâce aux aides déployées lors de la période Covid.

Les jeunes entreprises et les petites PME sont les structures les plus touchées par cette hausse des procédures. On constate que près de 48% des entreprises en défaillance ce premier trimestre 2022 ont été créées il y a moins de 5 ans. Il en va de même pour les PME de moins de 50 salariés qui retrouvent un niveau de défaillance proche de celui d’avant crise.

Des secteurs plus durement touchés par les défaillances

Certains secteurs professionnels subissement plus frontalement cette augmentation des défaillances d’entreprises, notamment en B2B les activités liées à la construction, l’industrie et les transports.

Le secteur du bâtiment et de la construction, d’ordinaire fortement concerné par les difficultés économiques, se porte mieux que la moyenne nationale avec une hausse de 19% par rapport au premier trimestre 2021. Le rapport observe cependant que le second œuvre, principalement dans les travaux d’installation électrique ou de plâtrerie, est particulièrement fragilisé contrairement au gros œuvre qui résiste mieux.

Des disparités apparaissent lorsque l’on se penche sur le secteur de l’industrie manufacturière et de l’agroalimentaire. D’une part, la métallurgie-mécanique et les activités énergie-eau-environnement semblent mieux résister à cette hausse avec en moyenne une augmentation de 29% du nombre de défaillances d’entreprises. D’autre part, l’agroalimentaire est très fortement impacté et voit le nombre de procédures ouvertes augmenter de 95% par rapport à l’année 2021.

Le transport, durement touché par la baisse d’activité économique des nombreux confinements, connaît une forte hausse des défaillances de manière générale (+37%). Aucune activité de ce secteur n’est épargnée que ce soit le transport routier (+46%), de proximité (+41%) ou interurbain (+57%).

Les défaillances d'entreprises en fonction des régions de France, au premier trimestre 2022

Défaillances d’entreprises : des disparités aussi en région

Bien que l’ensemble du territoire français soit concerné par cette augmentation du nombre de défaillances d’entreprises au premier trimestre 2022, certaines régions s’en sortent mieux que d’autres.

La Corse et la Réunion sont les deux seules régions à connaître une baisse des défaillances sur ce premier trimestre 2022 avec respectivement -2,4% et -12,7% de procédures entamées. Rappelons néanmoins qu’elles avaient connu un premier trimestre 2021 très difficile, marqué par une hausse de 58% à l’époque.

À l’inverse, la région Hauts-de-France enregistre la plus rapide dégradation des défaillances d’entreprises de la métropole française (+72%) notamment dans le département du Nord qui, à lui seul, connaît une augmentation de 92% des procédures ouvertes. Viennent ensuite se placer en deuxième et troisième position la Bourgogne-Franche-Comté (66,5%) et la Normandie (52%).

Défaillances d’entreprises : quelles sont les perspectives ?

La sortie de la crise sanitaire depuis quelques mois se fait dès à présent ressentir dans le nombre de défaillances d’entreprises constatées. Sans être catastrophique, une tendance vers un retour à la normale est à prévoir et donc un rythme d’augmentation des procédures ouvertes qui devrait se maintenir ou s’accélérer dans les prochains mois.

Afin de soutenir les entreprises en difficulté financière suite à la pandémie, la procédure de traitement de sortie de crise en application depuis le 18 octobre 2021 vise à aider les sociétés qui bénéficiaient d’une bonne situation financière avant la crise Covid. N’étant pas destinée à être pérenne, cette aide devrait s’étendre jusqu’au 2 juin 2023. À ce jour, seulement une trentaine de procédures ont été ouvertes.

Ce début d’année 2022, bien qu’entraînant une augmentation des défaillances d’entreprises, peut susciter une certaine confiance, mais il convient de rester prudent concernant le futur. En effet, bien que les délais de paiement se soient améliorés sur les derniers mois, les événements de ce début d’année pourraient avoir de lourdes conséquences sur l’économie française.

L’invasion de l’Ukraine le 24 février 2022 par la Russie a eu pour effet de conduire à une augmentation du prix de l’énergie, à des approvisionnements difficiles de certaines matières premières, à des pénuries et à une forte inflation qui sont autant de risques qui invitent à rester réalistes concernant les mois à venir.

Le déploiement du plan Résilience permet à ce jour aux entreprises de disposer de nouveaux moyens d’alléger leurs besoins en trésorerie. Il ne serait toutefois pas surprenant de voir ces dernières chercher à rallonger le temps de paiement de leurs fournisseurs afin de préserver leurs finances.

Quelle que soit la situation économique du moment, les délais de paiement à rallonge des factures clients restent un poids dans la trésorerie des entreprises. Pouvoir les maîtriser et les réduire au maximum est donc un enjeu capital. Grâce à un outil digital tel que LeanPay, le recouvrement amiable des créances clients est facilité. Vous pouvez facilement créer des plans de relances automatisés et personnalisés, piloter votre poste clients sur un tableau de bord et proposer le paiement de leurs factures à vos clients directement depuis les mails de relances. Nous constatons d’ailleurs une baisse du DSO de 30% chez nos clients après quelques mois d’utilisation.

Calculez votre délai de paiement grâce à notre modèle excel