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Outre-mer : le point sur les retards de paiement B2B
Paiements

Outre-mer : le point sur les retards de paiement B2B

Rédigé par
Manolo Munoz Lagadeuc
Mis à jour le
20/10/2022

Les retards de paiement constituent aujourd’hui une préoccupation majeure pour les PME en France Hexagonale. La fin des subventions mises en place par l’État lors de la crise sanitaire et le début du remboursement du PGE pour de nombreuses entreprises a marqué un retour en force des difficultés de trésorerie. Il devient plus difficile d’honorer les délais de paiement imposés ce qui cause de nombreux retards de paiement. Cette situation a pour effet de placer en difficulté les fournisseurs dont les encaissement se font au ralenti à cause de ces retards de paiement qui augmentent et qui s’allongent.

Sur cette question des retards de paiement, les entreprises ultramarines ont toujours connu une vulnérabilité plus importantes que leurs homologues dans l’Hexagone. Aujourd’hui, bien qu’étant à un niveau encore inférieur à celui de fin 2019, les défaillances d’entreprises en Outre-mer augmentent et certains secteurs en particulier en souffrent beaucoup.

Faisons le point sur la situation des entreprises B2B en outre-mer. À quel point ces régions sont-elles plus touchées que celles de l’Hexagone ? Quelle est la tendance des retards de paiement inter-entreprises et quel est son impact sur la trésorerie des sociétés ?

Au sommaire de cet article :

faisons le point sur les retards de paiement en outre mer

Les défaillances d’entreprises en outre-mer

les défaillances d'entreprises ultramarines

La fermeture des tribunaux de commerce en 2021 et les récentes mesures de soutien de trésorerie pour les entreprises ont permis d’éviter de voir le nombre de cessations de paiement bondir lors de cette période. Une récente publication de l’Institut d’Emission des Départements d’Outre-Mer met toutefois en avant une augmentation générale des défaillances d’entreprises en Outre-mer. Ce regain ne suit pas la même dynamique selon les régions. Analysons quelles sont les zones les plus vulnérables aux difficultés de trésorerie.

Ces disparités géographiques sont notamment visibles au sein des départements d’Outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique et Réunion). Lorsque nous comparons l’évolution des défaillances d’entreprises dans ces régions, la tendance générale est très similaire à celle observable dans la France entière, à l’exception de la Réunion. Ce département ultramarin, bien que ne connaissant pas le même volume de défaillances que dans l’Hexagone, se situe bien au-dessus des autres régions DOM.

l'évolution des défaillances d'entreprises dans les DOM

Ces disparités géographiques sont notamment visibles au sein des départements d’Outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique et Réunion). Lorsque nous comparons l’évolution des défaillances d’entreprises dans ces régions, la tendance générale est très similaire à celle observable dans la France entière, à l’exception de la Réunion. Ce département ultramarin, bien que ne connaissant pas le même volume de défaillances que dans l’Hexagone, se situe bien au-dessus des autres régions DOM.

À l’inverse, les secteurs des services aux entreprises, de l’agriculture et du BTP observent une forte hausse des défaillances d’entreprises. À eux-seuls, le BTP et les services aux entreprises représentent un peu plus de 60% de la part des défaillances constatées dans l’ensemble des DOM.

En outre-mer, les retards de paiement sont la cause de la majorité des défaillances d’entreprises

écarts des délais de paiement entre les outremer et l'Hexagone

La vulnérabilité économique des entreprises ultramarines est en partie causée par les mauvais comportements de paiement de leurs clients. Cette tendance est déjà très présente dans les relations commerciales interentreprises de l’hexagone mais est d’autant plus forte en Outre-mer. L’IDEOM a d’ailleurs pu relever l’évolution de cet écart au court des dernières années et le constat est sans appel. Les délais de paiement clients et fournisseurs des entreprises ultramarines sont beaucoup plus élevée que dans l’Hexagone.

Concrètement, à la fin de l’année 2020, les délais de paiement clients s’élevaient à 58 jours (face à 43 jours) et les délais de paiement fournisseurs étaient de 70 jours (face à 49 jours dans l’hexagone). Les délais fournisseurs n’ont d’ailleurs jamais été en dessous de la limite légale qui est de 60 jours ! Un écart non négligeable qui pourrait bien être la source du volume important de défaillances constaté en Outre-mer.

délais de paiement clients dans les outre-mer et l'Hexagone en 2020 par secteur d'activité

Ce qui est d’autant plus saisissant à la lecture de ces chiffres fournis par l’IEDOM, c’est qu’à la différence des sociétés basées en France continentale, une grande partie des entreprises ultramarines exercent une activité dans le secteur du commerce B2C, ce qui les protège des retards de paiement. Si la répartition sectorielle des sociétés d’Outre-mer avait été la même que dans l’hexagone, ces régions connaitraient alors des retards de paiement beaucoup plus élevés. L’IEDOM estime que cette augmentation serait de 1 jour supplémentaire à La Réunion et jusqu’à 3 jours de plus dans les Antilles.

Enfin, il est important de garder à l’esprit que les entreprises ultramarines sont confrontées à des facteurs structurels particuliers tels que leur situation géographique, la mauvaise desserte maritime ou aérienne et l’éloignement de leurs fournisseurs souvent situés dans l’Hexagone, qui impactent les comportements de paiement interentreprises dans ces départements.

Une diminution des retards de paiement qui débloquerait des millions d’euros en trésorerie

Nous l’évoquions, certains secteurs d’activité sont plus susceptibles que d’autres d’être confrontés à des retards de paiement de la part de leurs clients. Les entreprises dont l’activité est majoritairement orientée vers le B2B ont de gros risques de voir leurs clients dépasser les délais de paiement qui leurs sont accordés.

Pour mettre en lumière le manque de trésorerie causé aux entreprises par les retards de paiement, l’IEDOM a estimé quel serait le montant susceptible d’être à leur disposition si aucun retard n’était constaté. Une situation qui reste hypothétique car il est bien rare qu’une société ne connaisse strictement aucun retard de paiement. Mais cette visualisation permet tout de même de mesurer l’ampleur de l’impact de ces retards sur les trésoreries.

trésorerie libérée par secteur d'activité en l'absence de retard de paiement

Encore une fois, nous pouvons constater que les sociétés évoluant dans les secteurs de l’industrie, du BTP et du service aux entreprises sont les plus impactées économiquement par les retards de paiement. Pour vous donner un ordre d’idée, les 389 millions d’euros de trésorerie dont les entreprises du BTP pourraient bénéficier correspondent à 43 jours de chiffre d’affaires. Le second point particulièrement intéressant de ce graphique, c’est la situation des sociétés du secteur du commerce. Elles pourraient à elles-seules libérer un fond de 300 millions d’euros si elles réglaient leurs fournisseurs sans aucun retard !

Enfin, l’IEDOM constate que les aides financières récemment accordées aux sociétés n’ont pas bénéficié de manière égale à toutes les entreprises. En effet, d’après l’Institut, ce seraient celles qui subissent le moins de difficultés qui seraient le plus aidées. L’étude avance une hypothèse pour expliquer que la situation des entreprises du secteur de la construction et du service aux entreprises ne s’améliore pas. Ces dernières auraient une clientèle majoritairement constituée de collectivités locales qui, à cause de leur situation financière difficile, ne peuvent pas accélérer leurs paiements fournisseurs.

Pour les mois et années à venir, la situation risque de continuer à se dégrader, surtout pour les sociétés qui sont déjà en difficulté financière. Face à des aides qui restent insuffisantes pour diminuer l’impact des retards de paiement sur leur trésorerie, c’est aux entreprises de prendre des mesures en interne pour se protéger de ce risque. La mise en place d’un logiciel de recouvrement offre la possibilité d’améliorer le pilotage du poste clients et de réduire les délais de paiement en automatisant l’envoi de relances à chaque client dont la facture approche ou dépasse sa date d’échéance. Il s’agit d’un réel gain de temps pour les équipes financières des entreprises et dont l’impact peut se mesurer rapidement, notamment grâce à l’accélération des encaissements.

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